Algérienne

Chanson Douce - Leila Slimani : écrit de main de maitre !

18:00

Bonjour chez vous, 

Il y a quelques temps j’ai découvert un podcast merveilleux que je vous conseille énormément. « La Poudre », présenté par Lauren Bastide. Cette dernière interviewe et nous présente des portraits de femmes : artiste, autrice, activiste, féministe. A travers ces différents portraits j’ai découvert celui de Leila Slimani, un nom qui m’étais déjà familier car elle s’est illustrée récemment en gagnant le prix Goncourt pour son roman « Chanson Douce ». Après l’avoir écoutée pendant plus d’une heure j’ai encore plus eu envie de me pencher sur ce titre qui me tentait déjà un peu depuis quelques temps. 

De quoi ça parle ?

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

Publié chez Gallimard, 227 pages

« Chanson douce » est un roman percutant et perturbant qui arrive à faire beaucoup de choses en très peu de mot. Les premières pages nous plongent directement dans l’horreur qui constituera le final de ce roman et les différents chapitres sont entrecoupés par des petits passages de vie de personnages secondaires. Ces chapitres là apportent un très léger éclairage sur le drame qui se jouera à la fin de l’histoire et un bon approfondissement du personnage de la nourrice, Louise. 

Avec une écriture simple mais assurée, Leila Slimani nous offre dès les premières pages la meilleure description possible de la psychologie des personnages. On comprend très vite les enjeux présents et le caractère des principaux protagonistes. Louise, pleine de nuances et de zones d’ombre est bien évidemment le personnage central de cette histoire. Tout tourne autour d’elle. Mais j’ai toutefois énormément apprécié le personnage de Myriam, pleine de contradiction, et de la relation qu’elle noue avec sa nourrice jusqu’au moment où sa présence devient à le fois étouffante mais aussi indispensable. 

Les relations toxiques ont toujours été un sujet que j’aimais retrouver dans mes lectures, et c’est le cas ici aussi où une dépendance réciproque va se créer entre Louise et Myriam mais où chacune va finir pas ne plus supporter la présence de l’autre. Les premiers chapitres font preuves d’une certaine langueur mais ce rythme est sagement étudié pour nous amener petit à petit à une terrible ambiance oppressante. On ressent le mal être de tous les personnages. La tension monte en crescendo jusqu’aux toutes dernières pages qui sont insupportables de cruauté. Je mettrais peut-être là mon bémol : la fin trop abrupte, à la fois très attendue mais trop soudaine et expéditive. Les derniers instants de lecture nous plonge dans un état de voyeurisme comparables aux voisins présents à plusieurs reprises dans ce roman : on veut en savoir plus, que se passe-t-il après la fin ? Que deviennent les personnages ? Quelle sera les évolutions après les derniers évènements de l’histoire ? Autant de questions qui restent sans réponse et qui torturent le lecture. 


En bref :

Une lecture coup de poing qui laisse oublier ses longueurs du début pour nous offrir des moments d’angoisses terrifiants. Une très bonne surprise qui se dévore en quelques heures. 

Auteure Féminine

Idéal Standard - Aude Picault : réaliste et percutant !

18:00

Bonjour chez vous !

Il est des titres que nous voit fleurir d'un coup sur la blogosphère dès leur sortie. Pour la chronique d'aujourd'hui, j'ai vu cette BD sur tous les blogs, les chaines Youtube et sur tous les réseaux sociaux possibles et imaginables. Une BD qui fait l'unanimité, forcément ça pousse un peu à la curiosité. Dès que l'occasion s'est présentée j'ai lu Idéal Standard de Aude Picault et je vous en parle tout de suite !


De quoi ça parle ?


Claire, trentenaire, infirmière en néonatalogie, voit défiler ses relations amoureuses et désespère de construire un couple – le vrai, le bon, l'idéal. En choisissant de vivre avec Franck, elle croit enfin y être arrivée. Mais la réalité standardisée de ce qui l'attend n'est pas à la hauteur... 

Publié chez Dargaud, 152 pages. 


Que se cache-t-il derrière cette bande dessinée aux couleurs pastels, aux traits épurés mais diablement efficaces ? 
Aude Picault dresse le portrait de Claire, une trentenaire rêveuse et romantique qui voit dans chacune de ses conquêtes le futur père de ses enfants. Avec son entourage qui se marie et qui commence à donner naissance à d'adorables poupons, mais avec aussi les sempiternels pressions données aux femmes concernant la maternité, Claire attend son tour avec empressement.  

A première vue, "Idéal Standard" est une BD toute gentille sur le quotidien d'une trentenaire d'aujourd'hui. Mais en dehors de son aspect un peu bonbon se cache un véritable manifeste féministe. On y dénonce les nombreuses sollicitations que nous pouvons connaitre en tant que femme à propos du couple mais en particulier avec la maternité. Que ce soit dans notre entourage mais également dans les médias, tout pousse la femme à culpabiliser de ne pas suivre sa fameuse "horloge biologique"
On aime cette bande dessinée car c'est un vrai petit plaisir de lecture, c'est dynamique, drole et touchant, mais surtout c'est une BD qui nous reste un moment en tête, c'est une histoire pleine de substance et de profondeur qui nous porte à la réflexion. C'est une très bonne découverte que je m'empresserai de recommander au plus grand nombre ! 


En bref :

Avec "Idéal Standard" je découvre une auteure au dessin qui me plait énormément. C'est fin mais intelligent et plein de profondeur, j'ai hâte de lire ce qu'elle a pu faire d'autre !

Auteure Féminine

Un fils en or - Shilpi Somaya Gowda : une vraie évasion

17:00

Bonjour chez vous !

Avec beaucoup de retard j'entame aujourd'hui les articles consacrés à mes lectures du mois de mai. Et ce premier article est un petit peu particulier puisque je vais vous parler d'un livre acheté à l'aveugle. Vous connaissez surement cette technique de vente présente dans certaine librairie ou des livres de poches sont emballés dans du papier cadeau et où la surprise est réservé à un acheteur un peu curieux.
Le livre d'aujourd'hui est un livre trouvé dans l'une de mes librairies fétiches de Lyon, une librairie spécialisée sur la littérature de voyage (un peu plus et on y verrait Hugh Grant comme dans Coup de Foudre à Nothing Hill) qui propose des livres achetés à l'aveugle.
Je n'avais jamais tenté l'expérience mais je dois dire que je pense réitérer très prochainement ! 
De quoi ça parle ?

Anil est le fils ainé d'une riche famille d'Inde. Après de prestigieuses études de médecine, il est accepté pour faire ses année d'internat au Texas et part donc pour les USA, laissant derrière lui sa famille mais surtout Leena, son amour d'enfance. Une relation que la mère d'Anil ne voit pas d'un très bon yeux, elle veut le meilleur pour son fils et souhaite une union prestigieuse. 
Leena de son côté est contrainte d'épouser un homme qu'elle ne connait pas et qui va vite se révéler être un véritable tortionnaire. 

Publié chez Folio, 544 pages



Se lancer à l'aveugle dans une lecture qui ne nous a pas été conseillé et qu'on n'a jamais désiré. C'est un exercice assez rafraichissant car je me suis lancée dans ce livre sans rien en attendre.
Les chapitres s'alternent entre l'histoire d'Anil et celle de Leena, comme ces deux parcours évoluent, se croisent et se recroisent. Le rythme est fluide bien qu'il y ait quelques temps mort par moment. J'ai quand même passé un très bon moment de lecture car malgré ses 544 pages je l'ai lu assez rapidement. 

Ce qui est surtout frappant c'est cette histoire qui dépeint la culture indienne, une culture si éloigné de nos habitudes occidentales. Les descriptions permettent vraiment de se visualiser le quotidien des personnages en Inde mais aussi le décalage que ressent Anil en arrivant aux Etats Unis. C'est un livre qui malgré ses sujets difficile permet une certaine forme d'évasion ! 
Le point négatif de ce livre concerne peut-être malheureusement le personnage d'Anil justement que j'ai trouvé assez plat, sans vraiment d'intérêt. Je me suis plus attachée à Leena dont le parcours m'a énormément touchée. En effet, le roman aborde en grande partie la question des mariages forcée et de la place de la femme dans la société indienne. Une situation sociale précaire et des malveillances qui sont parfois à la limite du supportable à lire. Je crois que les chapitres de Leena sont réellement ce qui apporte tout l'intérêt de ce roman. 
La relation qui existe entre les deux personnages ne m'a pas spécialement paru nécessaire au récit, elle était presque de trop. J'ai été assez emportée par l'histoire et certains éléments du dénouement m'ont plutôt surprises là où j'attendais une toute autre histoire ! 


En bref :

Une bonne découverte, un roman qui nous fait voyager malgré des thèmes abordés assez durs. 

Auteure Féminine

Un petit gout de noisette - Vanyda : le plein de poésie !

17:00

Bonjour chez vous !

Il y a un peu moins d'un an, je découvrais Vanyda, auteure franco laotienne, et sa BD "Entre ici et ailleurs". Une bande dessinée sur la résilience et la quête identitaire que j'avais énormément appréciée. J'avais gardé en tête de découvrir d'autres titres de cette auteure et c'est désormais chose faite avec la chronique d'aujourd'hui ! 

De quoi ça parle ?
Quel est le cri de l’ours en néerlandais ? Qu’est-ce qu’un moment parfait ? Est-ce qu’on meurt tous les soirs pour renaître le lendemain matin ? Telles sont les questions existentielles que se posent les personnages de «Un petit goût de noisette», chacun à sa manière cherchant dans la rencontre de l’autre, le reflet de ses interrogations, une épaule sur laquelle se poser, ou tout simplement l’amour… Chacun, comme un écureuil à la recherche de la plus belle noisette ! Un très joli recueil d’histoires d’amour ! Les personnages des différentes histoires se croisent et se recroisent d’une histoire à l’autre. Certaines histoires sont vraies, d’autres sont inventées. Cela vous prend aux tripes, vous fait rêver… Vous avez des papillons dans le ventre et à d’autres moments, vous versez une larme…

Publié chez Dargaud, 208 pages. 

Quand j'avais lu "Entre ici et ailleurs" j'avais été séduite par le dessin plein de charme de Vanyda mais j'avais eu une petite frustration à avoir eu une lecture en noir et blanc. 
Avec "Un petit gout de noisette", Vanyda colorise. Et c'est... somptueux ! Cette BD est un petit recueil de nouvelles avec pour thème principal le sentiment amoureux. Tous les personnages sont liés d'une manière ou d'une autre et vont se croiser au fil des chapitres. 

Des histoires d'amour rêvées, fantasmées, avortées, brisées ou magnifiée. Vanyda propose un regard moderne et plein de tendresse sur les relations d'aujourd'hui, autour de personnages plutôt jeune adultes ou adolescents. C'est passionnant à lire, mais surtout c'est beau, beau beau ! Dans le même genre mais avec un peu plus de diversité, je vous recommande aussi chaudement "Corps Sonore" de Julie Maroh.

Chaque chapitre a une identité chromatique définie, ce qui en fait une bande dessinée absolument magnifique. Chaque chapitre dégage une ambiance particulière, une atmosphère à l'aquarelle douce qui fait de cette BD une lecture doudou parfaite !


En bref :

Une très très très jolie découverte. C'est la qualité graphique qui aura vraiment su emporter mon coeur dans cette lecture mais je suis sur que vous serez également sensibles aux histoires racontées.


Auteure Féminine

Tiens-moi fort - Marie Frydman : un très beau récit

21:46

Bonjour chez vous !

Quand je découvre une nouvelle chaine Youtube qui parle de littérature je cherche toujours si il existe une vidéo sur un top ultime de livre préféré. Personnellement, découvrir les livres préférés d'une personne me donne une idée de ce que je vais trouver sur le reste de sa chaine.
Et puis parler, entendre quelqu'un parler de son livre préféré c'est toujours un moment assez émouvant car l'affect passe au dessus de l'objectivité (si on peut parler d'objectivité quand on parle de livre bien sur) que l'on a avec les autres livres.
Il y a quelques mois j'ai découvert avec beaucoup de plaisir la chaine "Il était une fois Perseneige", qui traite merveilleusement bien des classiques, du théatre et des lectures de l'imaginaire. Une chaine qui sort un petit peu de ce que j'ai l'habitude de regarder habituellement et à laquelle j'ai beaucoup accroché. Dans sa vidéo sur les livres qui ont changé sa vie, Perseline place en première place non pas un classique, non pas une pièce de théâtre, mais un roman français contemporain. Intriguée, j'ai ajouté le livre à ma wishlist en pensant le lire dans un futur plus ou moins lointain... jusqu'à ce que ma soeur me l'offre pour mon anniversaire !



De quoi ça parle ?

Laura, 23 ans et une solitude immense, un père absent et un célibat qui s'éternise. Laura essaye tant bien que mal de combler le vide qui grandit en elle comme sourire à un inconnu dans le métro ou charmer le caissier du magasin bio. Sa quête d'amour la poussera jusqu'en Corse, dans le désert des Agriates où elle va peut être enfin trouver un sens à sa vie. 

Publié chez Plon, 179 pages.

"Tiens moi fort", c'est le récit d'une solitude insupportable à vivre, et à lire ! J'ai un ressentis assez ambivalent envers Laura, le personnage principale de ce roman. Je l'ai trouvée assez agaçante et complaisante par moment. Très souvent, j'ai eu envie de la secouer pour qu'elle se prenne en main et qu'elle sorte de sa torpeur, et puis je la voyais se débattre comme elle pouvait dans un mal être étouffant et j'ai eu de la peine pour elle. 

C'est un petit roman (178 pages) que vous lirez assez vite car le style est fluide mais il y a aussi une certaine beauté dans l'écriture. Marie Frydman, psychologue de formation, parvient à retranscrire de la manière la plus juste possible les pensées et les tourments de son personnage. C'est certainement le point le plus fort de ce livre. On se laisse porter par l'écriture mais malheureusement j'ai traversé les chapitres sans grand engouement. 


Qu'est ce que c'est, un livre qui marque ? 

Dans sa vidéo, Perseline évoque l'impact émotionnel qu'a provoqué en elle ce roman alors que de mon côté ça a plutôt été une lecture assez banale. Qu'est-ce qui fait qu'un livre soit plus percutant pour une personne que pour une autre ? Je ne pense pas qu'il existe un livre qui puisse convaincre à l'unanimité. Un livre, c'est une rencontre à un moment précis, avec une personne qui a un vécu, des envies, des aspirations particulières et sa sensibilité propre. De cette rencontre va naitre une alchimie, une magie qui va faire qu'un livre nous marque plus qu'un autre. Un livre qui marque c'est quelque chose de personnel, d'intime, que personne ne pourra jamais totalement saisir avec exactitude. 

Auteure Féminine

Corps Sonores - Julie Maroh : BD engagée !

19:02

Bonjour chez vous ! 

Il y a de ça un bon moment maintenant, je vous avais présenté ici le roman graphique "Le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh. L'histoire d'amour entre deux femmes qui est surtout connue pour avoir été adapté il y a quelques années sous le titre "La vie d'Adèle". Je vous avais confié à quel point j'avais détesté le film mais que ma curiosité m'avait poussée à emprunter la BD auprès d'une copine. Avec cet emprunt, j'ai découvert une plume, un trait unique et une auteure qui avait écrit une histoire d'amour sublime et sensible. Aussi, quand j'ai commencé à voir sa nouvelle bande dessinée trainer sur les têtes de gondoles des librairies, je n'ai pas trainé pour me l'acheter ! 

De quoi ça parle ?

A travers une vingtaine d'histoires, Julie Maroh parle d'amour. Sous le ciel de Montréal des inconnus se rencontrent, s'aiment, de déchirent, se séparent, se retrouvent, s'unissent. Blanc, noir, hétéro, gay, trans, valide ou en situation de handicap, petit, grand, beau et laid se croisent et se mêlent autour de ce sentiment aussi merveilleux qu'inexplicable. 

Publié chez Glénat, 300 pages

J'ai toujours l'impression de distribuer des bons points quand je tombes sur une bande dessinée qui fait plus de 100 pages. Mais pour moi c'est un facteur tellement important pour mon appréciations de celles-ci ! Il me faut le temps de me mettre dans l'histoire et l'ambiance de l'auteure ! 

300 pages de bonheur dans cette BD qui racontes plusieurs histoires, certaines prennent plus de pages que d'autres ( à mon plus grand regret je dois avouer par moment). Des histoires comme des instantanées du quotidien où des gens se croisent, se rencontrent, s'aiment et se séparent. Ce qui fera l'originalité de cette bande dessinée c'est avant tout la diversité des personnages et des situations amoureuses présentés. Ici, pas de dominance de couple blanc et hétéro digne des plus beau magazine de mariage mais un éventail large de physiques, d'ethnies et de relations amoureuses. 
J'ai aimé la diversité des personnages présentés, mais je crois que ce que j'ai préféré aussi c'est que les histoires ne parlent pas que de rencontres et de coups de foudre. Ici on a aussi les instants de doutes, les déceptions amoureuses, les ruptures, les chagrins, les fantasmes, les joies, les espoirs ou les déceptions. Le sentiment amoureux est traité dans toute sa largeur, aussi bien au sens spirituelle que physique, dans ses bons comme dans ses mauvais moment et le tout est appuyé par sa multitude de personnages. 

En ce qui concerne le trait, j'ai aimé mais je dois reconnaitre que j'ai trouvé le dessin un peu moins bon que dans la première BD que j'ai lu de Julie Maroh. Le trait est parfois un peu brouillon et j'ai vraiment aimé un peu de colorisation ici. Mais certaines planches restent malgré tout très belles ! 


En bref :

Une BD sur le sentiment amoureux et sur des gens qui s'aiment. C'est beau. Tout simplement !

Auteure Féminine

Luisa, ici et là - Carole Maurel : récit touchant sur la quête de soi

18:45

Bonjour chez vous ! 

Faut-il encore que je vous présente Carole Maurel ? Dessinatrice de talent que j'ai découverte avec "L'apocalypse selon Magda" qui avait été un coup de coeur puis avec "Collaboration Horizontale" qui avait été aussi un énorme coup de coeur !
Aujourd'hui, je reviens avec une troisième BD d'elle, mais celle-ci a une petite particularité ! Cette fois-ci Carole Maurel est au dessin, mais également au scénario ! 


De quoi ça parle ?

D’un côté, il y a Luisa, 33 ans, photographe culinaire célibataire et incapable de vivre plus de quelques semaines avec un homme. De l’autre, Luisa, 15 ans, des rêves plein son sac à dos, une folle envie de trouver l’amour et de vivre de la photographie… Mais aussi des sentiments inassumés pour Lucie, sa copine homosexuelle.

Un jour, aussi invraisemblable que cela puisse lui paraître, la Luisa adulte voit débarquer sur le pas de sa porte l’ado qu’elle était ! Cette rencontre sera décisive pour la jeune femme car elle fera remonter à la surface des frustrations trop longtemps enfouies.

Publié chez La boite à Bulle, 272 pages.


Vous connaissez l'idée d'écrire une lettre à son futur soi pour qu'il n'oublie pas nos rêves d'ado, nos espérances, nos craintes et à quel point on espère ne jamais devenir un gros con plus tard ? Eh bien c'est un petit peu le principe de cette bande dessinée dans laquelle Luisa 15 ans se matérialise devant Luisa 33 ans. 

Cette rencontre va faire des étincelles car Luisa 33 ans ne se reconnait plus dans celle qui représente ce qu'elle a été plus jeune tandis que Luisa 15 ans se désespère de l'avenir qui l'attend : un futur où frustration, déception et solitude semblent être au rendez-vous ! 
Entre les deux personnages c'est comme un choc des générations et la BD va explorer cette bataille entre le soi du passé et le soi du présent. Une belle métaphore très touchante sur la quête de soi, sur l'affirmation de ses sentiments et de ses ambitions. C'est beau et comme d'habitude avec Carole Maurel, le dessin est à la hauteur ! Des colorisations riches et ingénieuses et une caractérisation intéressante des personnages. C'est beau, tout simplement !

Il y a quelques jours quand j'ai terminé ma lecture je ne me suis pas rendue immédiatement compte de la portée que cette BD pouvait avoir sur moi et pourtant plus j'y pense et plus je la trouve profonde. Que dirais votre vous du passé en vous voyant aujourd'hui ? C'est la question qu'il faut se poser ici. Je me suis souvenue que je m'étais écris une lettre il y a quelques années, je l'avais posté sur un ancien blog (hors de question que je vous donne le lien haha !) et j'ai pris le temps de la relire avant d'écrire cet article. Même si ce petit billet de blog n'a que quatre ans, je peux dire que je me suis déjà énormément éloignée de certaines espérances que je pouvais avoir lors de mes 21 ans. Ce constat est un peu étrange, un peu triste aussi car il y a quatre ans j'avais une tout autre idée de ce qui me rendrait heureuse. Aujourd'hui, j'ai certains points communs avec mon moi du passé, j'ai des divergences aussi. Je ne sais pas qui de nous deux a le plus raison...

En bref :

C'est donc ça une BD de Carole Maurel quand elle est au scénario ? C'est nous livrer une esthétique parfaite et remettre toute notre vie en question ? Peut-être ! J'ai un drôle de sentiment sur cette BD, je ne saurai dire si je l'ai aimé ou pas. Mais je ne peux pas nier que je l'ai trouvé extrêmement touchante et intelligente ! 

Australien

Petits secrets, grands mensonges - Liane Moriarty : de quoi ravir les fans de Desperate Housewives

18:00

Bonjour chez vous, 

Je réalise que depuis le début de l'année je vous parle beaucoup de bande dessinée mais assez peu de roman. Aujourd'hui retour sur ma dernière lecture, une découverte australienne que j'ai beaucoup apprécié ! 



De quoi ça parle ?

Dans la pénincule de Pirriwee, non loin de Sydney, tout le monde se connait. Jane, nouvellement arrivée en ville avec son petit garçon de cinq ans, tente comme elle peut de s'intégrer en ville. Elle se lie d'amitié avec Madeline et Céleste, deux mamans d'enfants en bas âge également. Tout aurait bien pu se passer si, le jour de la rentrée, le fils de Jane ne s'était pas retrouvé accusé d'avoir tenté d'étrangler la fille d'une maman d'élève influente en ville.


Publié chez Albin Michel, 475 pages. 

"Petits secrets et grands mensonges" est un best seller australien qui connait depuis peu une adaptation sur la chaine cablée américaine HBO (chaine bien connue pour produire des séries de qualité telles que Game of Thrones, Westworld, Sex and the City et j'en passe). Porté à l'écran par Jean Marc Vallée (un réalisateur que j'adore) et incarné par un casting de rêve (Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley, etc etc etc etc...) cette série décrite comme le nouveau "Desperate Housewives" a très vite attiré mon attention et c'est donc tout naturellement que je me suis penchée sur le bouquin !

Et ce que je peux dire c'est que ce roman tient toutes ses promesses. On est très vite prit par cette histoire dont la narration est très théatralisé. Au début ou à la fin de certains chapitres nous avons des "témoignages" de plusirus personnages secondaires, comme si ces derniers faisaient une déposition. Tous parlent d'un drame survenu. Une seule certitude pour le lecteur : quelqu'un a trouvé la mort. Mais on ne sait pas qui, ni dans quelle circonstance. "Petits secrets, grands mensonges" retrace plusieurs mois de la vie quotidienne d'une petite ville où tout le monde se connait sans vraiment se connaitre. La comparaison avec "Desperate Housewives" n'est pas abusée, il y a vraiment des points communs avec la célèbre série de la chaine ABC.
Difficile de ne pas s'attacher aux personnages féminins principaux qui sont toutes touchantes dans des registres totalement différents ! J'ai particulièrement aimé cette lecture car elle m'a mené en bateau tout du long. Durant mes heures de lecture j'ai contrsuit tout un tas de théorie quant au dénouement jusqu'à être particulièrement surprise par la fin. Une fois qu'on est prit dedans on a du mal à s'arrêter de lire tant on a envie de connaitre la fin !

« Les parents sont en effet enclins à se juger les uns les autres. J’ignore pourquoi. Peut-être parce que aucun de nous ne sait vraiment ce qu’il fait. »

En bref :

Une lecture très sympa et agréable, un récit très bien construit avec des personnages forts et attachants ! Soyez surs que je vais très bientôt regarder la série pour me faire mon idée sur cette nouvelle adaptation!

Chronique littéraire

Mon amie Gabrielle - Cordelia : un formidable récit !

18:00

Bonjour chez vous ! 

Au mois de novembre, je me débattais avec cette gajeure que représentait le NaNoWriMo. Si vous suivez le blog sur Facebook, alors peut-être m'avez vous vu partager pendant cete période quelles étaient mes sites ressources pour m'aider durant ce challenge. Parmi ces aides, il y avait le blog de Cordelia qui est généreux de conseils et d'astuces pour améliorer son écriture. C'est un blog que je consultais presque tous les jours et qui a été un soutien considérable pour moi. 
Au même moment, Cordélia lançait une campagne de finance participatif pour aider à l'autoédition de son premier roman "Mon amie Gabrielle". Etant donné l'aide que m'apportait son blog j'ai alors décidé d'apporter ma petite pierre à l'édifice et d'aider à sa campagne. En retour, j'ai reçu son livre dédicacé ainsi que quelques goodies.
Aujourd'hui, je suis vraiment très heureuse de vous présenter cette nouvelle lecture qui est arrivé dans un contexte créatif un peu particulier pour moi !


De quoi ça parle ?

2004, Salah et Gabriel partage la même chambre à l'internat du lycée. Si Salah ne semble s'intéresser qu'au 90C d'Estelle, Gabriel semble plus préoccupé par des questionnements qui le tourmentent. 
2014, le temps est passé, Gabriel est devenu Gabrielle tandis que Salah est en couple depuis peu avec Myriam. Ils ont tous les deux changé mais l'amitié reste toujours la même.

Autoédité, 295 pages.

Vous l'aurez sans doute immédiatement compris en lisant le résumé, il va être question aujourd'hui d'un roman qui aborde des thèmes LGBT. 
Parce que chaque cause est à défendre et que je veux que mon blog soit un espace de bienveillance et d'ouverture je tiens vraiment à insister sur ce point. Car en dehors de son histoire, on sent la réelle volonté de Cordélia de délivrer un message de tolérance et de sensibiliser aux questions de la transidentité.

Tout personnellement, j'avoue m'intéresser depuis peu de temps à ces questions et j'ai énormément appris avec cette lecture qui est pédagogue en toute subtilité et qui nous renvoit aux maladresses dont on peut être capable face à une personne en plein questionnement identitaire. 
C'est pourquoi j'ai énormément apprécié le personnage de Salah, un adolescent qui évolue dans une famille plutôt ouverte d'esprit mais qui malgré tout fait de grosses gaffes face à Gabriel : transphobie involontaire ou culpabilisation. C'est un personnage qui a ses défauts et qui représente les erreurs que chacun peuvent faire.
Gabrielle, quant à elle, est un personnage touchant et je défie quiconque de ne pas être un minimum ému par son parcours. Elle traverse des périodes difficiles mais parvient à toujours garder la tête hors de l'eau. Mais tout comme Salah elle a ses propres défauts que je vous laisserai découvrir.

Pour un premier roman je trouve qu'il est plutôt très agréable à lire. Le style est par moment un peu simple et certaines formulations sont un peu maladroites, mais néanmoins j'ai pris beaucoup de plaisir à ma lecture. Les différentes grandes parties du récit sont entrecoupées des illustrations de Monsieur Q, dont je vous recommande chaudement le blog en cliquant ici.
"Mon amie Gabrielle" aborde des sujets difficiles mais nécessaires pour comprendre et sensibiliser au maximum. Sous couvert de son histoire tendre d'amitié, c'est aussi un roman militant qu'il faut mettre entre toutes les mains !


En bref :

Malgré quelques petites maladresse d'écriture, j'ai beaucoup aimé cette histoire d'une amitié forte qui traverse les années. Les personnages sont réalistes et touchants, je veux voir ça plus souvent !

Aussi, chose que je ne fais jamais mais il s'agit ici d'un roman autoédité et il mérite d'être diffusé largement, je vous conseille très vivement d'aller sur le blog de Cordélia et d'acheter son livre au format numérique (ici). D'une part, vous aurez une bonne lecture, et d'autres part vous soutenez l'autoédition est c'est plutot cool !

Auteure Féminine

Carnets de thèse - Tiphaine Rivière : plongée dans le monde des thésards

17:04

Bonjour chez vous ! 

Aujourd'hui il va être question d'une chronique littéraire que je ne pensais pas publier un jour ! La BD présentée aujourd'hui avait longtemps été dans ma wishlist quand j'étais encore dans les études. Je l'avais retiré depuis quelques temps pour faire place aux achats plus "prioritaires". Heureux hasard, pour mes vacances de Noël, je suis partie en vacances avec mon amoureux dans un appartement avec AirBNB et la BD se trouvait chez notre hôte. J'ai alors profité de l'occasion pour la lire !


De quoi ça parle ?


Jeanne est une jeune enseignante en ZEP qui s'ennuie dans son travail. Quand elle est enfin acceptée en thèse en littérature, elle voit là l'occasion rêvée de changer de vie. 
Jeanne a trois ans pour faire sa thèse. On la prévient : ça va être difficile, elle va perdre tout contact social, vivre dans une grande précarité et avec tout ça, elle risque en plus de dépasser ses délais, ou pire... d'abandonner ! 
Mais Jeanne est déterminée et met tout en oeuvre pour réussir sa thèse sur Kafka. Commence alors un long chemin de croix... 

Publié chez Seuil, 179 pages. 


Inspirée de sa propre expérience en thèse, Tiphaine Rivière a créé l'histoire de Jeanne, une nouvelle doctorante débordant d'enthousiasme qui se lance avec beaucoup de motivation dans une thèse littéraire non financée. 
Jeanne est un personnage très attachant et je me suis surpris à reconnaître en elle plusieurs personnes de mon entourage qui sont encore (ou qui ont été) dans des études longues et fastidieuses. 

Ce que j'ai aimé dans cette bande dessinée c'est brasse vraiment tout ce qui peut entourer un travail de thèse et pas seulement l'aspect universitaire. On y aborde l'évolution des relations sociales et amoureuses mais aussi le décalage que peut ressentir un thésard face au monde qui l'entoure.
C'est une BD au ton léger qui se lit rapidement malgré ses 179 pages, pourtant l'auteure n'hésite pas à y dresser habilement une critique de la précarité de la situation de thésard. Souvent maltraités par une administration peu à l'écoute, et des maitres de recherches peu impliqués, les thésards se retrouvent aussi parfois à devoir accepter des jobs de professeurs vacataires qui, bien souvent, ne trouvent pas de rémunération. Le manque de soutien pousse aussi certains étudiants à devoir prolonger leur thèse sur de nombreuses anées, avec peu de perspective d'avenir et souvent la menace de tout laisser tomber du jour au lendemain. 
Avec un humour fin, Tiphaine Rivière sensibilise avec beaucoup de tact à la condition de ces étudiants peu soutenus par un système universitaire souvent défaillant. Seul petit bémol, je n'ai pas été fan du dessin de Tiphaine Rivière qui est assez brouillon et frise parfois le grotesque sur certaines planches. 

En bref :

Une BD agréable à lire mais surtout militante, qui intéressera tout ceux sensible à la cause des thésards !

Auteure Féminine

Hôtel Universal de Sora Simona

19:36

Bonjour chez vous ! 

Vous l'aurez certainement remarqué, le mois d'octobre a été plutôt léger en terme de chroniques (et ça ne s'arrangera pas en novembre mais vous saurez très bientôt pourquoi !)
Aujourd'hui on se retrouve avec un livre particulier. Il s'agit d'un partenariat que j'ai reçu de la part des éditions Belfond et je suis très heureuse de la confiance qu'ils m'ont accordé puisqu'il s'agit du premier livre que je reçois avant sa date officielle de sortie. Et pour cela je les en remercie très fort !


De quoi ça parle ?
En 1856, Vasile Capșa, fondateur du célèbre restaurant bucarestois, échoue dans sa première entreprise commerciale d'envergure, en Crimée. En 1993, à l'Hôtel Universel, jadis au cœur de la vie bucarestoise, devenu entre temps repaire de la bohème estudiantine des années qui ont suivi la Révolution, un crime est commis, ou peut-être un suicide. Le personnage qui fait le lien entre ces deux événements est la somnambule Maia, trois fois arrière-petite-fille de la « fille en or » amenée à Bucarest au retour de Crimée. Elle écrit et réécrit, dans une chambre de l'Hôtel Universel, l'épopée familiale que sa grand-mère lui avait contée des années durant.

Publié aux éditions Belfond, 300 pages.

C'est un roman assez particulier qu'est Hôtel Universal. De la même manière que "L'élégance des veuves" que j'avais présenté il y a quelques temps, ce roman ne contient aucun dialogue. Un parti pris comme j'en croise assez rarement dans mes lectures. 
De 1856 à 1990 c'est une très grande saga que nous suivons dans ce livre. Hôtel Universal c'est avant tout l'histoire d'un lieu. Un lieu qui se transforme et évolue, témoin de l'Histoire mais aussi des petites histoires de ses habitants. On y croise Vasile, Maia et son aïeule Maria, Aliona ou encore le Mohican. Autant de personnages qu'il n'y a d'histoires à raconter. Chaque chapitre rapporte un moment de vie à une époque donnée. On y parle de voyance, de politique, de révolution mais aussi de transmission, d'espoir, etc.. 
La plus grande qualité de ce roman réside dans son style d'écriture plutôt unique. Un style assez onirique avec beaucoup de belles tournures de phrases. Malheureusement les bons mots ne font pas toujours les bonnes narrations et c'est là que nous avons le plus gros défaut de "Hôtel Universal". J'ai eu énormément de mal à me rattacher à des repères simples pour pouvoir véritablement m'attacher à l'histoire et aux personnages qui ont défilé sous mes yeux. Un rythme un peu mou qui a rendu ma lecture assez laborieuse par moment. 


En bref :

Une belle écriture et la découverte d'une auteure d'origine roumaine. C'est toujours bien de découvrir des auteurs de pays que nous ne connaissons pas. Malheureusement la narration trop laborieuse et lente m'a vraiment gêné pour ma lecture. 

Auteure Féminine

L'élégance des veuves - Alice Ferney : une écriture magnifique !

16:53

Bonjour chez vous !

Aujourd'hui on se retrouve avec un tout petit livre. Je m'y suis intéressée car il vient tout juste d'être adapté au cinéma au début du mois sous le nom "Eternité". Et si la bande annonce m'a beaucoup intéressée je ne suis pas allée au cinéma immédiatement pour le voir et j'ai préféré me tourner vers le livre. 




De quoi ça parle ?

A la fin du 19ème siècle, Valentine épouse Jules. De cette union vont naitre des enfants qui feront des enfants, qui feront des enfants, qui feront des enfants....

Publié chez J'ai Lu, 128 pages.


Première chose un peu étrange quand j'ai eu le livre en ma possession, c'était de voir à quel point il était court. Il ne dépasse pas les 200 pages. J'ai rarement l'habitude d'avoir des livres si petits dans ma bibliothèque. Je me suis d'abord demandé comment un film de près de 2 heures avait pu naître à partir d'un bouquin aussi maigre. Aussi, avant de commencer ma lecture, j'ai eu quelques appréhension. 

Mais il faut toujours se méfier des apparences et ne jamais juger un livre à sa couverture car là où j'aurai pu dévorer ce livre dans la journée, j'ai pris au contraire plusieurs jours pour pouvoir l'apprécier pleinement. Le grignotant petit à petit en ne voulant pas voir la fin arriver. 
C'est un roman très particulier dans le sens où il n'y a absolument aucun dialogue ce qui est très perturbant au départ. L'absence de ces derniers aurait pu plomber le texte de lourdeurs mais c'est loin d'être le cas. Alice Ferney parvient avec beaucoup de talent à créer un rythme unique à son livre. C'est lent, contemplatif mais sans jamais être ennuyant. C'est même au contraire plutôt prenant. Le style d'écriture est incomparable, d'une beauté sans pareil. C'est sans aucun doute le genre de plume qu'on ne croise pas souvent ! 

"L'élégance des veuves" est une ode à la maternité. Un livre qui ne considère pas une femme sans qu'elle soit épouse, mère, fille ou veuve. Un point de vue pas vraiment féministe mais qui correspond aux idées reçues de l'époque où l'histoire prend place. Ces thématiques pourraient du coup ne pas plaire à tout le monde. Moi-même je considère que la maternité n'est pas l'aboutissement que recherchent toutes les femmes. Pourtant je me suis prise d'empathie immédiate pour toute la galerie de portraits décris au fil des pages. On suit leurs bonheurs mais surtout leurs malheurs. L'histoire est plutôt dense malgré le nombre de pages. On suit plusieurs générations de femmes. Il n'y a pas vraiment d'histoire à proprement parlé, seulement des tranches de vies découpés ça et là et dont le tout forme un ensemble vaste et cohérent qui nous bouleverse par sa gravité mais aussi sa poésie de la même manière qu'un conte pourrait le faire. 

En ce qui concerne l'adaptation, le film en est à ces derniers jours d'exploitation en salle et je n'aurai malheureusement pas l'occasion d'aller le voir au cinéma. Mais j'espère bien pouvoir le regarder dès que ce sera possible ! 


En bref :

Une très belle découverte en terme de style d'écriture. Un roman servi par une écriture magnifique malgré des thématiques abordées un peu rétrogrades pour notre époque. 


Pour ceux que ça intéressent, voici la bande annonce du film :


Australien

Une vie entre deux océans - M.L Stedman : un drame peu convaincant

17:35

Bonjour chez vous ! 

Cet été, pendant que je lisais les treize tomes de "L'Assassin Royal", je me demandais régulièrement quelle lecture allait suivre après un tel challenge. Si vous avez lu mon article concernant la saga de Robin Hobb, alors vous savez que ça a été plus qu'un coup de coeur pour moi. Passer à une nouvelle lecture n'était pas chose aisée car la barre était désormais haut placée.
Quelques jours avant de terminer mon challenge, je n'avais encore aucune idée des lectures qui allaient s'enchainer. Je n'avais pas d'envie particulière. Jusqu'au jour où je vois sur internet des informations concernant le film "Une vie entre deux océans" qui sort très prochainement au cinéma. Or, il se trouve que ce film est une adaptation d'un roman de M.L Stedman et que ce dernier se trouve dans ma liseuse depuis quelques temps. Après avoir cherché quelques informations sur l'adaptation (et constaté que le rôle principal allait être tenu par Michael Fassbender (grrrr !)) je me suis dis que je tenais enfin la lecture qui allait suivre mon big challenge de l'été. 


De quoi ça parle ?

Tom est un vétéran de la Première Guerre Mondiale. Pour oublier les horreurs de la guerre et de l'être humain il accepte le job de gardien de phare à Janus : une minuscule île déserte au large des côtes australiennes. Entre temps, il épouse Isabel qui vient vivre avec lui. Hélas le bonheur du couple est entaché par les nombreuses fausses couches d'Isabel. Jusqu'au jour où un miracle survient : une barque de secours s'échoue sur l'île avec à son bord le cadavre d'un homme et un bébé nouveau né en pleine santé. La possibilité d'un bonheur nouveau et là et Isabel parvient à convaincre Tom d'oublier le règlement stricte du phare, de ne pas signaler l'incident et de garder le bébé auprès d'eux. 

Publié chez Le Livre de Poche, 528 pages



Une quatrième de couverture prometteuse, un best-seller et une adaptation avec un casting de rêve. Je partais plutôt confiante pour cette lecture et finalement j'ai été très déçue. 

Le principal problème selon moi réside dans l'écriture du roman. Les chapitres enchaînent une narration tantôt au présent et tantôt au passé sans que je n'y trouve la moindre justification. Ces deux temps associés dans un seul roman m'ont procuré un sentiment de malaise pendant ma lecture. Rien n'y faisait j'ai eu beau me creuser l'esprit, je n'ai pas réussit à comprendre pourquoi la narration se faisait au passé ET au présent. En plus de ça le récit laisse beaucoup de place à de très longues descriptions qui viennent plomber le récit de longueurs inutiles. 
Autre tic d'écriture qui m'a un peu perturbé car je n'ai pas vraiment l'habitude de le croiser dans les livres que je lis : il s'agit du point de vue omniscient du lecteur. Que l'histoire soit racontée à la première ou à la troisième personne, j'ai le plus souvent l'habitude de lire des histoires qui ne se concentrent que sur le ressentis de son personnage principal. Pour autant, je trouve qu'on peut avoir un point de vue interne sans pour autant négliger les autres personnages. Dans "Une vie entre deux océans" nous avons un point de vue omniscient mais qui dessert malheureusement tous les personnages concernés. Je sentais vraiment que l'auteur voulait donner énormément de profondeur à ses personnages. Mais ça ne fonctionnait juste pas avec moi.

Je suis super déçue de ma lecture car je pensais vraiment rentrer dedans. En ce qui concerne l'adaptation qui va bientôt pointer le bout de son nez je pense que je la verrai un jour. Je me précipiterai pas au cinéma mais quand j'aurai l'occasion je ne dirais pas non pour le voir car la réalisation a l'air sublime et le casting me tente vraiment !


En bref :

Une lecture assez fastidieuse pour moi. Des longueurs plombantes et une écriture vraiment trop particulière pour que j'y adhère malgré une quatrième de couverture qui me tentait vraiment !

Si jamais l'histoire vous tente mais que vous ne vous sentez pas d'attaquer un pavé de plus de 500 pages, je vous laisse ici la bande annonce de l'adaptation qui sort au cinéma début octobre.

Américain

Orgasme - Chuck Palahniuk : Mais qu'est-ce que je viens de lire ?

17:00

Bonjour chez vous, 

Parmi les films qui ont marqué le cinéma ces dernières années, on peut citer sans problème "Fight Club" de David Fincher. Quand j'étais au lycée j'avais acheté le livre qui avait inspiré le film. Un roman écrit par Chuck Palahniuk qui est assez spécial à lire. Quand je suis rentrée à la fac j'avais réitéré l'expérience avec son recueil de nouvelles "Le festival de la couille". Un livre au titre un temps soit peu racoleur. Aujourd'hui on va se pencher sur son tout dernier roman avec un titre tout aussi évocateur : "Orgasme"


De quoi ça parle ?

Penny est une jeune femme d'une vingtaine d'années qui est sur le point de terminer ses études pour devenir avocate. En attendant d'être diplômée, elle travaille dans un cabinet réputé de New-York en tant qu'assistante. 
Alors qu'il règle les derniers détails concernant son divorce avec une actrice française renommée, Linus Maxwell, l'homme le plus riche du monde, tombe sous le charme de la jeune assistante. 
Penny n'en croit pas ses yeux, elle est sur le point de devenir la compagne de l'homme le plus influent de la planète. Un conte de fée qui semble se réaliser. Jusqu'au jour où elle croise l'ex-femme de Linus qui lui fait la recommandation suivante : elle ne doit jamais, et sous aucun prétexte, coucher avec Linus. 

Publié chez Sonatine, 261 pages. 

Dans mon dernier article je vous évoquais l'importance pour moi de bien attribuer les bons tags à mes articles. Aujourd'hui encore je me retrouve pas mal en difficulté devant cette nouvelle lecture. Avec son titre évocateur et ses scènes de sexe à répétition il était évident que je lui attribue le tag "érotisme" comme je l'ai déjà fait sur certaines de mes lectures. Mais dans ce livre, ces scènes ne sont pas écrites pour éveiller le moindre désir chez son lecteur (ou peut-être que si, chacun son délire après tout). Mais le sexe est traité ici de manière clinique, sans affect, dans de longues descriptions qui m'ont plusieurs fois mise mal à l'aise (alors que bon, il faut y aller sévère pour me choquer).
J'aurai pu tout aussi bien lui attribuer le tag "science fiction", tant par moment la technologie décrite par l'auteur m'a semblé futuriste et loin de la réalité. Sinon il y avait bien le tag "thriller" qui m'a plusieurs fois fait de l'oeil quand j'ai vu la tournure que prenait l'histoire sur la deuxième moitié.

Bref, malgré tout je vais essayer de vous parler de cette lecture sans trop vous en dire pour que vous soyez surpris au maximum. Le livre fait moins de 300 pages, donc autant vous dire que ça a été assez rapide d'en venir à bout. C'était une lecture assez prenante mais surtout très originale et bien loin de ce que j'ai l'habitude de lire en temps normal. L'histoire est plutôt bien construite et même si la fin arrive un peu vite à mon goût, je me suis laissée emporter par l'intrigue jusqu'au bout du livre.

Entre les scènes de sexe (qui sont assez désagréable à lire, entre nous), le roman de Chuck Palahniuk nous parle d'une société de consommation outrancière et en dresse une critique assez amère grâce aux développement de plusieurs personnages secondaires. A plusieurs reprises j'ai été un peu surprise et dubitative concernant le personnage principal, Penny, qui semble à plusieurs reprises être au dessus de tout ce qui lui arrive.

Il n'y a qu'un seul personnage qui a retenu mon attention dans ce livre, c'est Linus Maxwell, l'homme le plus riche du monde qui fait ici office de grand méchant de l'histoire. C'est assez rare que je m'arrête sur ce genre de personnage. D'habitude tous les méchants se ressemblent, mais celui-ci est vraiment particulier. Comme tous les personnages riches, Linus cherche à assouvir un maximum son pouvoir et pour cela il va passer par des moyens assez peu conventionnels. C'est un véritable psychopathe, le genre de personnage qu'on n'aimerait pas avoir dans son entourage et ça a été le meilleur point fort de cette lecture : un méchant digne de ce nom, avec des motivations et un passé secret que le lecteur va s'amuser à découvrir petit à petit. 


En bref :

Une lecture assez insolite et barrée à réserver à un public averti. Le genre de lecture qui ferait rougir le marquis de Sade. 

Auteure Féminine

D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan : du grand art !

17:02

Bonjour chez vous ! 

Ces derniers temps sur le blog le temps était aux romances qui ont été très nombreuses. J'ai eu de très bonnes surprises mais aussi quelques déceptions. C'est pour cela qu'aujourd'hui je vous retrouve avec un tout autre genre, le contemporain, et avec une auteure que je connais déjà : Dephine de Vigan. J'avais lu il y a très très longtemps "No et moi" que j'avais beaucoup aimé. Aujourd'hui nous allons parler de son dernier livre : "D'après une histoire vraie" qui a beaucoup fait parler de lui lors de la dernière rentrée littéraire. 


De quoi ça parle ?

Après le succès de son dernier livre, Delphine a du mal à se mettre à travailler sur un nouveau projet de roman. C'est dans cette période qu'elle rencontre L., une femme de son âge avec qui elle va lier une amitié qui va peu à peu laisser place à une relation toxique et dangereuse pour Delphine. 


Publié chez JC Lattès, 477 pages.


En général quand je commence à écrire l'article de mon blog je commence toujours par écrire son titre, à construire les grandes lignes de mon article pour qu'il soit déjà presque mis en forme. Je mets les images d'illustrations, les citations quand cela est nécessaire, puis je fixe aussi la date de publication de l'article. 
Mais le plus important quand je commence un article c'est d'abord de lui attribuer des TAGS pour que l'article soit ensuite classé avec d'autres chroniques qui lui ressemblent. Et c'est là que je commence à coincer dans la rédaction de cet article. J'ai vraiment eu du mal à trouver les bons termes à accoler à cette chronique.

C'est une lecture dans laquelle je me suis lancée pleinement, avec beaucoup d'entrain et un peu de naïveté. Tout d'abord parce que j'avais entendu beaucoup de bien de ce livre mais aussi parce que je savais qu'il abordait le cas de la manipulation mentale et de la perversion narcissique. Comme c'est un sujet qui m'intéresse particulièrement et attirée par ce titre aguicheur : "D'après une histoire vraie", je ne m'attendais pas à trouver une lecture aussi prenante.

"Quiconque a connu l'emprise mentale, cette prison invisible dont les règles sont incompréhensibles, quiconque a connu ce sentiment de ne plus pouvoir penser par soi-même, cet ultrason que l'on est seul à entendre et qui interfère dans toute réflexion, toute sensation, tout affect, quiconque a eu peur de devenir fou ou de l'être déjà, peut sans doute comprendre mon silence face à l'homme qui m'aimait."

L'écriture de Delphine de Vigan est prenante, subtile, intelligente. Elle sait comment accrocher très vite son lecteur, comment faire quelques digressions sans jamais créer de longueurs dans son récit et comment nous dire beaucoup de choses avec un minimum de mots.
L'écriture est tellement intelligente que je me suis fait berner. Comme une débutante. Peut-être n'étais-je pas assez renseignée concernant ce qui entoure ce livre mais je me suis laissée prendre par l'histoire sans voir tous les indices laissés ça et là pour me retrouver à terminer le livre avec ce sentiment que Delphine de Vigan s'est totalement jouée de moi. Alors c'est peut-être de la naïveté de ma part lorsque j'ai abordé cette lecture mais j'ai été totalement bluffée par le résultat.

Je n'en dirai pas plus concernant le contenu de ce livre de peur de gâcher tout l'intérêt de l'histoire mais il nous livre une très belle réflexion sur l'écriture littéraire, sur la différence et l'intérêt entre la fiction et le récit autobiographique. Le développement de la relation entre Delphine et L. va vous retourner le ventre de malaise, mais sans aucun doute vous vivrez un très grand moment de lecture. Le genre de livre dont vous vous souviendrez longtemps. Le genre de livre pour lequel personnellement je mets plusieurs semaines avant de pouvoir en faire une chronique.


En bref :

Une écriture intelligente, forte et percutante. Un livre qui m'a personnellement hantée pendant plusieurs semaines et qui va encore occuper mes pensées pendant quelques temps encore !


Au fait, j'oublie souvent de vous le signaler mais le blog possède sa propre page Facebook à laquelle vous pouvez vous abonner pour être sur de ne louper aucun article. C'est ici, et si vous mettez un petit like ça me fera super plaisir !

Auteur Masculin

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer : une romance épistolaire 2.0

17:00

Bonjour chez vous ! 

On enchaîne encore et toujours avec les lectures de romances car décidément j'en avais visiblement un peu besoin en ce moment ! Après mon coup de coeur avec "Un jour" je voulais rester dans le registre des romances originales et comme c'est assez difficile à trouver je suis allée demander conseille sur Glose. Glose c'est une librairie en ligne ou plusieurs libraires 2.0 sont là pour vous aiguiller dans vos lectures. Parmi les libraires on peut notamment trouver Margaud de la chaîne Youtube "Margaud Liseuse" (la première booktubeuse que j'ai commencé à suivre). Coup de bol c'est elle qui a répondu à mon message pour me conseiller une nouvelle romance qui sort un peu des sentiers battus. Nous voila donc aujourd'hui avec "Quand souffle le vent du Nord" de Daniel Glattauer. 

De quoi ça parle ?

En voulant résilier son abonnement à un magazine, Emma se trompe d'adresse email et envoie par mégarde un message à un certain Léo. Celui-ci lui répond pour lui signifier son erreur et la conversation s'engage entre eux. Entre confessions intimes et mystère total que l'anonymat d'internet leur permet, Emma et Léo vont apprendre à se connaître. 

Publié chez le Livre de Poche, 348 pages. 


"Quand souffle le vent du nord" propose une narration originale. C'est un récit épistolaire qui se constitue exclusivement des échanges de mails entre Emma est Léo. Nous ne savons pas à quoi ils ressemblent, à quoi ils aspirent si ce n'est ce qu'ils veulent bien laisser transparaître à l'autre. Au fil des pages nous apprenons à connaître ces deux personnages qui se rencontrent un peu par hasard sur la toile et qui commencent à lier un lien dont ils seront de plus en plus dépendants. 

L'avantage de la narration épistolaire est que les pages se tournent plus vite que la musique, j'ai mis très peu de temps pour venir à bout de ce livre mais je dois quand même reconnaître que je n'ai pas accroché du tout à l'histoire. Tout d'abord j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux deux personnages. Emma et Léo joue chacun le mystère sur leur identité, leur physique, leur âge ce qui fait que j'ai eu beaucoup de mal à imaginer ses personnages et à m'y attacher. Leurs échanges s'étalent sur plus d'un an dans la durée mais les personnage continuent de se vouvoyer continuellement ce qui crée une distance assez certaine et un aspect surréaliste et peu crédible à leurs échanges.

Même si on progresse vite grâce aux échanges de mails qui créent un certain dynamisme, il y a quand même beaucoup de longueurs. Les deux personnages tournent en rond, on progresse très lentement dans leur relation. J'ai tenu jusqu'au bout du livre mais j'avoue avoir ressenti plusieurs fois de la lassitude face aux échanges tortueux et ampoulé de ces deux personnages.


En bref :

Un concept original mais malheureusement je n'ai pas accroché. J'ai eu du mal à m'identifier à ces personnages et au récit un peu trop contemplatif pour me permettre de vraiment m'intéresser à l'histoire. 

Auteur Masculin

Journal d'un vampire en pyjama - Mathias Malzieu : la tornade Malzieu est de retour !

18:00

Bonjour chez vous ! 

Mathias Malzieu, un nom que j'ai déjà évoqué plusieurs fois sur le blog et si vous faites parties des lecteurs qui me connaissent dans la vraie vie vous savez certainement que c'est celui qui a écrit l'un de mes livres préférés au monde, à savoir : "La Mécanique du Coeur". Une lecture que j'avais découverte quand j'étais encore au lycée et qui avait vraiment bouleversé toute ma perception des livres. Depuis, chaque roman de Malzieu est un bijou que je déguste et que je garde très précieusement dans ma bibliothèque. Aujourd'hui je vous présente le dernier né : "Journal d'un vampire en pyjama".





De quoi ça parle ?

"Journal d'un vampire en pyjama" est l'extrait du journal intime de Mathias Malzieu durant un an. Une année au cours de laquelle le chanteur de Dionysos a du lutter contre une aplasie médulaire. 


Publié chez Albin Michel, 240 pages.


Pour être tout à fait honnête et à la différence des précédents livres de Mathias Malzieu, je ne me suis pas précipitée sur cette nouvelle sortie car j'avais peur de ce que j'allais y trouver : un témoignage autobiographique et le parcours de l'auteur dans le traitement de cette maladie aussi rare que dangereuse. J'avais peur de ce livre car j'avais peur de le trouver à des années lumières de ses précédents titres. Ce n'est donc que quelques mois après sa sortie que j'ai enfin osé sauter le pas. Je ne pouvais pas laisser un Mathias Malzieu m'échapper trop longtemps !

Quand j'ai commencé ma lecture, j'étais dans les transports en commun en route pour la fac. J'étais sur le point de présenter à mon groupe de TD l'avancée de mon mémoire. Est-ce que c'était le stress que je pouvais éprouver à ce moment-là ou bien la magie des mots de Malzieu ? Tout ce que je peux vous dire c'est que cette première heure de découverte littéraire en transport en commun m'a retournée le ventre comme rarement un livre peut en être capable. J'avais une boule terrible au ventre de lire la découverte que fait Mathias Malzieu de sa maladie, des risques qu'il encourt et du lourd traitement qui l'attend. 

"Un bug... Je me suis fait hacker le système immunitaire, du coup je m'autodétruire. Je suis mon propre cancer."

Attention je ne vous dit pas tout ça pour vous dégouter de l'éventualité de lire ce livre parce que le malaise s'en va heureusement très vite pour laisser place à toute la magie des mots dont Mathias Malzieu est capable. Evidemment ce livre va compter parmi les plus marquants que je lirai cette année. C'est un témoignage émouvant et bouleversant où comme à son habitude le chanteur de Dionysos donne un sens nouveau à tous ses mots (et maux). 
La plus grande qualité de ce livre réside dans son style unique en son genre. Aussi on ne tombe jamais dans le misérabilisme mais au contraire dans un récit plutôt optimiste. En dehors de la maladie j'ai aimé tout ce qui se rapportait aux sentiments que Mathias Malzieu éprouve pour sa compagne et la manière qu'il a d'écrire à son propos qui apporte beaucoup de lumière dans son récit. 


En bref :

J'aimerai pouvoir en parler pendant des heures mais je ne ferais que de rabacher les mêmes choses. Je vous conseille fortement ce livre qui, malgré son sujet difficile, vous fera passer un très bon moment !


Et petit bonus, comme la plupart de ces autres romans, "Journal d'un vampire en pyjama" s'accompagne de son album éponyme dont voici un extrait. 

Américain

L'infini + un - Amy Harmon : une romance déchirante

17:39

Bonjour chez vous ! 

La dernière fois que je vous ai parlé de livre c'était pour évoquer la très grosse désillusion avec "Ugly Love" (ici). Colleen Hoover m'avait beaucoup emballée avec "Maybe Someday" puis ça a été la douche froide avec "Ugly Love". Une fois le livre terminée j'étais déçue mais surtout frustrée de voir comment une auteur pouvait autant me plaire et me décevoir avec deux livres différent. En choisissant ma prochaine lecture j'ai voulu rester dans le registre de la romance et rester aussi avec un auteur découvert il y a peu. Je me suis donc emparée de "L'infini + Un" d'Amy Harmon. 



De quoi ça parle ?

Bonnie Rae Shelby est une chanteuse de country à la renommée internationale. Petite fiancée de l'Amérique, elle a tout pour plaire et pour être heureuse. Pourtant en dehors de la scène la réalité est tout autre et Bonnie décide de fuir son quotidien pailleté. Elle rencontre alors Finn Clyde, un garçon au passé un peu trouble qui est sur le point de se rendre à Las Vegas. Les deux personnages s'embarquent alors dans un voyage qui va les changer à jamais.

Publié chez Robert Laffont dans la Collection R, 421 pages.   


Amy Harmon je vous en ai parlé au tout début de l'année avec "Nos Faces Cachées" qui avait été ma première lecture de 2016. J'avais énormément aimé ce livre qui m'avait beaucoup fait pleurer et j'avais une certaine appréhension concernant "L'infini + un". Difficile de passer après un livre qui m'avait autant bouleversée. Et pourtant j'ai été très surprise de voir que j'ai autant aimé ce deuxième livre ! 

Après le mythe d'Hercule dans "Nos Faces Cachées", Amy Harmon s'attaque cette fois à la légende de Bonnie et Clyde en faisant le parallèle avec ses deux personnages principaux. Nous avons donc Bonnie (que j'ai immédiatement imaginé comme Taylor Swift) et Finn Clyde, deux personnes que les apparences opposent et qui vont se trouver beaucoup de points communs dans leur histoire, leur parcours, leur caractère. 

J'ai aimé ces deux personnages qui sont vraiment très attachants et qui ont traversé des épreuves très difficiles et qui sont assez complémentaires. Les dialogues entre eux sont savoureux et j'ai beaucoup aimé l'évolution que prend leur relation au fil du livre. 
Amy Harmon aime jouer avec les mots, les coincidences, les chiffres et les signes du destin mais tout l'ensemble de "L'infini + Un" finit par donner une histoire bien ficelée qui a su m'entraîner tout au long des pages sans jamais me lasser ! C'est un road trip bien mené qui m'a ravie ! 


En bref :

Une très bonne lecture ou toute l'intrigue repose sur ses personnages touchants. Aussi bon que "Nos Faces Cachées" même si un peu moins émouvant. J'attends le prochain Amy Harmon avec beaucoup d'impatience maintenant !

Américain

Ugly Love - Colleen Hoover : Tout ce que je déteste dans une romance

16:53

Bonjour chez vous !

En décembre dernier je découvrais avec beaucoup de joie l'auteur Colleen Hoover, qui fait le bonheur de tous les amateurs de romances. J'avais dévoré "Maybe Someday" (la chronique est ici) qui est son roman le plus populaire sur les réseaux et sur les blogs. J'avais été très surprise d'y trouver une histoire originale qui m'avait fait beaucoup rire mais qui avait su aussi m'émouvoir. Aujourd'hui je vous retrouve avec Colleen Hoover une nouvelle fois, mais cette fois-ci nous allons évoquer "Ugly Love" qui a été récemment traduit en français.


De quoi ça parle ?

Tate, une jeune femme étudiante à l'école d'infirmière vient vivre quelques temps chez son grand frère  à San Francisco avant de pouvoir prendre son propre appartement. Elle rencontre Miles, son voisin de palier et pilote d'avion et tombe immédiatement sous son charme. Seulement Miles a un passé douloureux et ne veut pas s'engager dans une relation amoureuse, seulement charnelle, à la condition bien sûr, que Tate ne lui pose aucune question sur son passé et n'espère rien d'un possible avenir avec lui. 

Publié chez Hugo Roman, 326 pages. 


Il y a tout juste quelques semaines je vous présentais "Wallbanger" d'Alice Clayton qui est une romance qui se passe aussi entre deux voisins, et également à San Francisco. Deux points commun avec Ugly Love, plus le fait que le livre est écrit pas Colleen Hoover. Autant vous dire que je partais dans cette lecture avec beaucoup d'optimisme.

Mais c'est la douche froide. La très grosse douche froide même ! Nous découvrons Tate, une toute jeune infirmière venue vivre chez son grand frère le temps de se trouver son propre appartement. Elle fait la connaissance de Miles son voisin de palier et meilleur ami de son frère. Tate a le plus grand des coups de foudre et ne se prive pas de le faire savoir au lecteur. Les chapitres sont écris de son point de vue et ne nous épargne rien de ses pensées. Personnellement j'ai détesté Tate, je la trouve nunuche, irréfléchie, débile, contradictoire sur de nombreux points et vraiment masochiste sur les bords.
Lorsque Tate rencontre Miles, le deal est très clair : elle ne doit rien en attendre, ne pas espérer apprendre à le connaître et ne même pas songer à entrevoir un futur avec lui. Tous les signes sont réunis pour qu'une personne sensée fuit en courant la personne qui lui impose de telles conditions ! Mais Tate persiste et signe et s'engouffre dans une relation toxique qui va la rendre très malheureuse.

De notre côté nous apprenons à découvrir le passé de Miles et ce qui le pousse à s'imposer et à imposer aux autres des règles aussi strictes. Les chapitres de Miles sont sûrement la seule raison qui m'a incitée à terminer ce livre jusqu'au bout et à ne pas l'abandonner. Les chapitres flash-back sont beaucoup plus courts que les autres mais étonnamment beaucoup mieux écrits. J'aurais souhaité qu'ils durent plus longtemps pour éviter de retourner dans les chapitres du point de vue de Tate (vous l'aurez compris j'ai détesté ce personnage).

En dehors des personnages, c'est vraiment l'histoire qui m'a le plus déplu parce que j'ai l'impression que ça regroupe tout ce que je n'aime pas dans une romance. C'est sans surprise, on sait que malgré les difficultés, Tate et Miles vont finalement découvrir qu'ils peuvent être capables d'être heureux ensemble et ils vont passer de la relation charnelle à l'amour totalement fou et passionnel. Je déteste aussi le fait d'autant mettre en avant les traumatismes des personnages de cette manière. Cette sorte de misérabilisme est vraiment insupportable pour moi et j'ai trouvé qu'on nous servait "le passé sombre et mystérieux de Miles" un peu n'importe comment... Sinon en dehors de la construction même de l'histoire j'ai eu un mal fou à rentrer dans le bouquin, à la différence de "Maybe Someday" qui avait réussi à m'accrocher tout de suite !


Bref, j'arrête à cette chronique qui part un peu dans tous les sens et qui m'a pris plusieurs jours avant de réussir à pleinement me motiver pour l'écrire.


En bref :

Vous l'aurez compris, j'ai détesté "Ugly Love", c'est prévisible, assez mou dans son rythme mais aussi peuplé de personnages caricaturaux et détestables. Je suis embêtée de vous écrire cette critique aussi négative mais je partais tellement gagnante après "Maybe Someday" que là... l'écart est beaucoup trop grand !